Une soirée inoubliable ! SPO Rouen, champion de France 2026

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On aime le sport pour les émotions uniques qu’il nous fait vivre.                                                                                                 Je crois que tous les spectateurs présents ce 29 mai 2026 au Kindarena se souviendront toute leur vie de cette soirée, parce qu’ils seront passés par toutes les émotions, avant l’explosion de joie finale.


L’attente fut si longue ! Le SPO Rouen aurait dû être couronné champion en 2020, s’il n’y avait pas eu le Covid. Il fut plusieurs fois vice-champion de France ces dernières années, au point d’être sans doute l’équipe la plus régulière du championnat. Mais il manquait le titre, et à vrai dire, cette apothéose semblait de plus en plus difficile à atteindre, surtout une année 2026 où le championnant de France n’a jamais été aussi relevé, avec notamment les cinq meilleurs joueurs français évoluant en ProA, tous appartenant au top 25 mondial.


Rouen n’était pas favori sur la ligne de départ ; jouer les demi-finales, en intégrant le top 4 du championnant, était déjà un objectif très ambitieux, mais l’enthousiasme de Rouen était capable de tout emporter, ou de surmonter les blessures au cours de l’année. Les quatre joueurs de l’équipe se sont montrés décisifs à tour de rôle, y compris Alexandre Robinot, qui n’a pas joué la finale mais sans qui Rouen n’aurait pas été champion.


Et Rouen se qualifia pour la finale, à Rouen, au Kindarena…
L’occasion était si belle d’écrire une page d’histoire du sport rouennais. Encore fallait- il battre Hennebont, une équipe qui a sorti le Montpellier des frères Lebrun et aligne trois joueurs de niveau top 20 mondial. Une mission impossible ?


Le premier match sembla le confirmer. Lilian Bardet avait beau multiplier les attaques, Vladimir Sidorenko, leader de l’équipe d’Hennebont, meilleur performeur de ProA, les bloquait avec facilité et détermination. La marche paraîssait trop haute, le Russe s’imposait trois sets à zéro, sans beaucoup de suspense.


0-1                                                                                                                                                                                                               Thibault Poret était déjà au pied du mur : pour que Rouen conserve un maigre espoir, il devait s’imposer face à Simon Gauzy, joueur emblématique de l’équipe de France. La température monta immediatement. Thibault agressa d’entrée Simon, multipliant les attaques éclairs du revers… Simon semblait dépassé, mais sa science du jeu lui permis de s’imposer dans le troisième set. Le niveau devint extraordinaire dans le quatrième. Dans le money time, Simon ratait une balle décisive, mais se plaignait qu’elle soit mouillée… Magnifique de fair play, Thibault acceptait de remettre le point. La peur gagnait Rouen. Allait-on le regretter ? Simon se procurait deux balles de set, Thibault les sauvait. Le niveau montait encore.11-11, 12-12, 13-13, 14-14. Le kindarena était en fusion, scandant le prénom de Thibault, qui finit par s’imposer sur une dernière attaque.


1-1
La soirée ne faisait que commencer. Le match 3 s’annonçait très compliqué, puisque le rouennais Alvaro Robles, 65 ème mondial, affrontait Qihao Zhou, 21 ème mondial et surtout un des meilleurs joueurs chinois. Alvaro sembla d’abord dépassé par le joueur chinois, plus précis, plus rapide. Pourtant, contre toute attente, Alvaro neutralisait petit à petit le Chinois, bloqué dans le jeu court, et surpris par les attaque violentes du coup droit d’Alvaro. L’incroyable se dessinait. Alvaro égalisait à un set partout, devant un Kindarena qui commençait à y croire. Qihao Zhou allait-il craquer ? Non, il reprennait sa domination, 2-1, mais Alvaro tenait, s’accrochait, point après point, et dans une ambiance de feu, arrachait le cinquième set. L’ultime manche commençait par un mano à mano, jusqu’à 5-5.
Tout était encore possible… Mais Alvaro, obligé de jouer chaque coup à 120%, finit par rater deux services, et laisser Qihao Zhou s’imposer. L’exploit était pourtant à portée de raquette. Le Kindarena commençait à ruminer des regrets….


1-2
Le titre allait donc en partie se jouer, comme on l’imaginait depuis le début, par le choc entre les deux numéros 1 des équipes, Thibault Poret contre Vladimir Sidorenko.
Quasi invaincu cette année, Vladimir avait toujours battu Thibault, mais après des matchs serrés. Tout était encore possible, Rouen voulait le croire, et d’ailleurs, Thibault attaqua la partie en multipliant les attaques chirurgicales, du coup droit et surtout du revers, sans laisser le temps à Sidorenko de le contrer. Un jeu à haut-risque… Thibault menait, se procurait plusieurs balles de set, mais Vladimir les sauvait. 10-10, 11-11. Tout le Kindarena encourageait le Rouennais, qui finit par l’emporter aux avantages après une série d’échanges fabuleux. L’incroyable était en train de se dessiner. Thibault, affichant un niveau de jeu stupéfiant, dominait ensuite totalement Vladimir. Sous les houras de la salle survoltée, il l’emportait en trois sets secs.


2-2
Place donc au match décisif… Il était plus de minuit ! Les spectateurs n’avaient plus de voix mais criaient toujours. Ils voulaient y croire. Lilian, jeune 45 ème mondial, pouvait-il faire douter l’expérienté Simon Gauzy, un des meilleurs joueurs de l’histoire du tennis de table français ?
Un choc de style aussi… Le jeu de Lilian s’appuie sur un puissant coup droit, celui de Simon sur sa science du placement. L’attaque contre la défense. Lilian, on le sait, aime jouer les défenseurs, et le prouva immédiatement.

Affichant un relachement sidérant, il pilonna les balles d’un Simon sans solutions, et gagna facilement les deux premiers sets. Plus qu’un, chuchotait le Kindarena… Le titre était à portée de main, Simon était totalement perdu, tout juste si on ne sortait pas déjà le champagne côté rouennais…
Et Simon, à l’expérience, serra le jeu, n’offrant pratiquement plus une seule balle d’attaque facile à Lilian. La partie tournait, inexorablement. 11-5 pour Simon, et même 11-2 dans un quatrième set désespérant… Tout était fini ? Le Kindarena ne voulait pas le croire. On ne pouvait pas échouer si tard, si près du but, après un tel espoir. Les joueurs non plus ne voulaient pas renoncer, ni l’entraineur de Rouen Stéphane Hucliez.
Miraculeusement, dès le début du set décisif, Lilian forçait le destin et ses coups droits, chacun plus risqué. Simon répliquait, rendant chaque balle plus difficile à gagner, plaçant un missile du revers dès qu’une minuscule fenêtre s’ouvrait. 5-5, 6-6… L’ambiance était irresirable, le Kindarena scandait le prénom de Lilian, retenait son soufflle dans un silence de cathédrale pendant les échanges, se levait d’un bond à chaque point gagné. Lilian prenait un maigre avantage. Un point, deux points. Le Kindarena le portait, n’osant toujours pas croire à la victoire. Il y avait eu trop de rebondissements depuis le début de la soirée.
10-8.
Deux balles de matchs pour Lilian.
Deux balles de titres pour Rouen.
Tout en puissance, Lilian attaqua, fit reculer Simon… qui finit par craquer.
Victoire de Rouen, les milliers de spectateurs pouvaient exploser de joie. La salle était en fusion. Rouen est champion !!! Et jamais le Kindarena n’avait vécu une si belle émotion.


Ce fut une soirée inoubliable, qui récompense le travail du staff du Spo Rouen, de ses bénévoles, de son président Dominique Fache. Une soirée, surtout, qui montre à quel point le Tennis de Table est un sport spectaculaire, haletant, vibrant…
Bravo à tous, nous vivons un exceptionnel âge d’or du tennis de table, à Rouen, en France, dans le monde. Profitons-en, c’est un sport de partage unique, l’un des plus pratiqués sur la planète, du niveau amateur pratiqué dans toutes les communes de France, jusqu’au top niveau mondial, comme en ce 29 mai 2026 à Rouen, désormais gravé dans l’histoire.


Michel Bussi

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